L'Égypte mène des négociations avancées avec plusieurs des plus grandes compagnies énergétiques mondiales, dont Shell, TotalEnergies, BP et le négociant en matières premières Hartree Partners, afin de sécuriser entre 15 et 18 cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) par mois pour une durée d'au moins trois ans, selon trois sources issues du secteur du négoce et de l'industrie au fait du dossier, comme l'a rapporté Reuters le 21 juillet 2026. Les accords envisagés, qui pourraient s'étendre sur une période de trois à cinq ans, n'ont pas encore été finalisés. Le ministère égyptien du pétrole, Shell, TotalEnergies et BP n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire de Reuters, tandis que Hartree Partners a refusé de s'exprimer.
Sur la base des calculs de Reuters portant sur des transactions récentes conclues avec une prime d'environ 1,5 dollar au-dessus du TTF — l'indice de référence européen du prix du gaz — les nouveaux contrats d'importation pourraient coûter à l'Égypte entre 8 et 11 milliards de dollars par an. Cela représente une charge fiscale considérable pour un gouvernement qui doit déjà faire face à un endettement public élevé et à une monnaie nationale sous pression depuis le début du conflit régional. Ces négociations sont motivées par la conjonction d'une baisse de la production nationale de gaz et d'une forte hausse des coûts d'importation.
La facture d'importation de gaz naturel de l'Égypte a presque triplé, passant d'environ 560 millions de dollars à près de 1,65 milliard de dollars en mars, pour des volumes inchangés, selon les informations de Reuters. Cette envolée des coûts est alimentée par le conflit en cours impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran, qui a perturbé le transport maritime à travers le détroit d'Ormuz et intensifié la concurrence entre les acheteurs cherchant à sécuriser leurs approvisionnements sur un marché mondial du GNL déjà tendu. L'une des sources a indiqué qu'il existe « une forte volonté de travailler avec les Américains » parmi les négociateurs égyptiens.
Du côté de la production, la production mensuelle de gaz en Égypte s'est établie en moyenne à moins de 4,4 milliards de pieds cubes par jour au cours de l'exercice fiscal 2025-2026, et devrait reculer davantage pour atteindre 4,2 milliards de pieds cubes par jour au cours de l'exercice en cours, en dépit des engagements répétés du gouvernement à inverser cette tendance et des récents règlements des arriérés dus aux compagnies énergétiques étrangères. L'Égypte a importé un total de 985 milliards de pieds cubes de gaz entre juillet 2025 et juin 2026, incluant les livraisons en provenance d'Israël et les cargaisons de GNL. Les importations devraient atteindre 1 081 milliards de pieds cubes entre juillet 2026 et juin 2027, selon des documents officiels consultés par Reuters.
Aly Blakeway, responsable du GNL atlantique chez S&P Global Energy, a relevé que les négociations de l'Égypte pour un approvisionnement en GNL à moyen terme, conjuguées à l'extension des accords gaziers par gazoduc existants et planifiés, témoignent d'efforts visant à réduire l'exposition à la volatilité des achats sur le marché spot dans un contexte d'incertitude géopolitique persistante, incluant le conflit russo-ukrainien et les tensions entre Washington et Téhéran. Chaque dollar consacré aux importations de GNL et de carburant réduit d'autant les fonds disponibles pour les dépenses budgétaires, l'investissement ou la constitution de réserves de change — une dynamique qui représente un défi supplémentaire pour Le Caire alors qu'il tente de stabiliser ses finances au milieu d'une crise régionale prolongée. Source : Reuters, reportage de Marwa Rashad à Londres et de Mohamed Ezz au Caire, avec la contribution de Stephanie Kelly et America Hernandez ; édition par Nina Chestney et Jan Harvey.
Source: reuters.com