Les prix du pétrole ont bondi d'environ 2 % le mardi 21 juillet 2026, atteignant un sommet de cinq semaines dans un contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient, à la suite de frappes militaires américaines nocturnes contre des cibles iraniennes et d'une déclaration de blocus naval houthi contre l'Arabie saoudite. Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 2,12 dollars, soit 2,4 %, pour s'établir à 91,34 dollars le baril à 10h53 EDT, plaçant le prix de référence sur la trajectoire de sa clôture la plus haute depuis le 10 juin. Le West Texas Intermediate américain a quant à lui gagné 1,80 dollar, soit 2,2 %, pour atteindre 85,03 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 11 juin.
Le Brent se trouvait également en situation de surachat technique pour la septième session consécutive, selon des données citées par Marine News Magazine, d'après Reuters. Cette hausse des prix a été alimentée par une forte dégradation du contexte géopolitique au Moyen-Orient. Les forces américaines ont mené des raids de bombardements nocturnes contre des cibles iraniennes dans l'ouest et le sud de l'Iran, tandis que l'Iran a riposté en frappant des sites liés aux États-Unis à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.
Au moins un pétrolier dans le détroit d'Ormuz a également été signalé touché lors des hostilités. Le mouvement houthi du Yémen, aligné sur l'Iran, a déclaré lundi un blocus naval total contre l'Arabie saoudite, élargissant considérablement la portée du conflit au-delà du Golfe et ravivant les inquiétudes quant à la sécurité des routes de transit énergétiques mondiales critiques. En réponse, deux pétroliers ayant chargé du brut saoudien à destination de la Chine et de l'Inde ont fait demi-tour en mer Rouge, se dirigeant à nouveau vers le canal de Suez.
Les données de fret de LSEG ont confirmé ce changement de cap. Le port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, fonctionnerait normalement, selon des sources citées par Reuters. SEB Research a proposé une lecture prudemment optimiste de la situation, suggérant que les dernières frappes américaines pourraient représenter une ultime tentative de renforcer la position de négociation de Washington avant qu'un accord soit conclu et que le détroit d'Ormuz soit rouvert.
Toutefois, la société de recherche a également mis en garde contre le risque d'une impasse prolongée, caractérisée par une incertitude persistante sur les flux énergétiques, des prix du pétrole élevés et des échanges militaires répétés. Tim Waterer de KCM Trade a souligné l'importance de la menace de blocus houthi, notant que le ciblage de l'Arabie saoudite accroît le risque de perturbation pour un autre grand exportateur de pétrole. Les marchés du fioul en Asie ont étendu leurs gains mardi en réponse à l'intensification de la posture de menace.
Ajoutant une pression supplémentaire sur les perspectives d'approvisionnement, les données publiées mardi par la Joint Organizations Data Initiative (JODI) ont montré que les exportations de pétrole brut d'Arabie saoudite ont reculé pour le troisième mois consécutif en mai, atteignant un nouveau record à la baisse. Sur le front intérieur américain, l'American Petroleum Institute a publié son rapport hebdomadaire sur les stocks mardi. Les analystes ont estimé que les compagnies énergétiques ont puisé environ 0,5 million de barils dans leurs réserves au cours de la semaine se terminant le 17 juillet, ce qui marquerait une deuxième semaine consécutive de baisse des stocks.
À titre de comparaison, la même semaine l'année dernière avait enregistré une baisse de 3,25 millions de barils, tandis que la moyenne sur cinq ans pour cette période, couvrant 2021 à 2025, s'établissait à 1,2 million de barils. L'US Energy Information Administration devait publier ses propres chiffres d'inventaire mercredi. Source : Marine News Magazine / Reuters.
Reportage de Scott DiSavino, Stephanie Kelly, Anushree Mukherjee, Ishaan Arora et Emily Chow à Singapour. Édition par David Goodman et Emelia Sithole-Matarise.
Source: marinelink.com