Les raffineries américaines fonctionnant à pleine capacité pour compenser les perturbations des approvisionnements en carburant du Moyen-Orient font face à une nouvelle contrainte alors que l'entretien des sables bitumineux canadiens devrait réduire considérablement la production de pétrole brut en septembre. Selon Rystad Energy, la production de pétrole brut canadien pourrait diminuer d'environ 300 000 barils par jour en septembre en raison des activités d'entretien programmées dans l'ensemble des opérations des sables bitumineux. Cette perturbation saisonnière serait normalement compensée en puisant dans les stocks de pétrole brut, mais les niveaux de stockage actuels présentent une difficulté supplémentaire.
Les stocks de pétrole brut canadiens se situent à leur plus bas niveau depuis 12 mois, laissant une capacité tampon limitée pour compenser les réductions de production. Le Canada fournit normalement 4 millions de barils par jour de pétrole lourd aux raffineurs américains. La réduction anticipée de septembre intervient à un moment où la demande de carburant reste robuste malgré une certaine destruction de la demande due aux prix élevés.
Les principaux exploitants de sables bitumineux procèdent tous à des arrêts d'entretien simultanément, et les exploitants de pipelines ont cessé de rationner l'espace disponible dans les pipelines, ce qui signale des attentes de volumes plus faibles le mois prochain. La pénurie ne peut pas être facilement compensée par d'autres sources de pétrole brut. Les exportations de pétrole brut vénézuélien, qui représentent une source d'approvisionnement alternative potentielle, n'augmentent pas au rythme requis.
Le Venezuela a exporté 1,16 million de barils par jour le mois dernier, marquant une légère baisse par rapport à 1,2 million de barils par jour en juin, car la société pétrolière d'État PDVSA a épuisé ses stocks de stockage pour maintenir les niveaux d'exportation, ce qui suggère que la reprise de la production reste plus lente que prévu. Les exportations vénézuéliennes vers les États-Unis, le plus grand marché du pays, ont atteint en moyenne 786 000 barils par jour en juillet, le plus élevé depuis le début de 2019. Cependant, cela est bien inférieur aux exigences de reprise de la production.
La nature progressive de la reprise de la production vénézuélienne reflète des approches prudentes des grandes sociétés pétrolières internationales et une participation accrue des petites compagnies pétrolières américaines et des prestataires de services, car les grands exploitants évaluent les risques liés à la stabilité géopolitique et budgétaire. Les contraintes d'approvisionnement en carburant mondial, particulièrement le diesel, continuent de faire pression sur les marges de raffinage. Plus tôt ce mois-ci, les marges de raffinage ont atteint des niveaux records, l'écart de craquage du diesel atteignant 100 dollars le baril pour la première fois de l'histoire.
Les perturbations du Moyen-Orient persistent malgré les affirmations du gouvernement américain selon lesquelles le trafic des navires-citernes s'est normalisé, des affirmations que les sociétés de suivi des navires-citernes n'ont pas pu vérifier de manière indépendante. Les attaques de drones ukrainiens sur les raffineries russes continuent de réduire la production d'essence et de diesel dans cette région. L'insuffisance de la production canadienne arrive alors que la demande de carburant saisonnière s'accélère avant la saison de chauffage.
Si les déséquilibres mondiaux de l'offre de carburant persistent, une destruction supplémentaire de la demande pourrait émerger sur les marchés vulnérables avant de s'étendre aux économies plus résilientes. Cette dynamique d'offre et de demande a des implications pour la croissance économique et l'inflation à l'échelle mondiale. La situation reflète la nature cumulative des contraintes actuelles du marché énergétique.
Le conflit du Moyen-Orient, qui entre maintenant dans son septième mois sans résolution en vue et avec une escalade des tensions à mesure que les États-Unis élargissent les sanctions contre l'Iran, continue de contraindre l'approvisionnement mondial en carburant. La convergence de ces multiples pressions d'approvisionnement suggère que les marges de raffinage records et les coûts du carburant élevés pourraient persister jusqu'aux mois d'automne. Source : Oilprice.com, Reuters, Bloomberg
Source: oilprice.com