La London Metal Exchange (LME) ouvre à Londres sa LME Week annuelle dans un état de santé que le chroniqueur de Reuters Andy Home qualifie de remarquablement bon. Dans son commentaire, publié le 16 octobre 2026, Andy Home écrit que la crise du nickel de 2022 s'estompe désormais et que l'institution, vieille de 149 ans, a « rebondi plus forte que jamais », comme elle l'avait fait après les crises précédentes. L'activité de négociation est soutenue.
Le LME a enregistré des volumes record en 2025, et le chiffre d'affaires quotidien moyen a progressé de 16 % sur un an entre janvier et septembre 2026. Andy Home attribue une partie de cet essor au programme de réforme du marché lancé en réponse aux défaillances révélées par la crise du nickel, et note que la guerre, les droits de douane et l'intérêt accru des investisseurs pour le secteur des métaux ont également contribué à ce dynamisme. Le développement le plus important pour les marchés des métaux est le nouveau contrat acier du LME.
Selon Andy Home, la bourse commencera à négocier un nouveau contrat sur bobines laminées à chaud (HRC) Steel Shanghai plus tard en octobre 2026. Ce contrat sera réglé sur la base du contrat HRC de la Shanghai Futures Exchange (ShFE), que le chroniqueur décrit comme largement considéré comme la référence mondiale pour le secteur de l'acier plat. Il souligne qu'il s'agit de la première fois que la ShFE met l'un de ses prix de métaux à la disposition d'une autre bourse.
Il y voit le signe d'une amélioration des relations entre les deux bourses, longtemps rivales : la ShFE avait mené la lutte pour bloquer la tentative du LME d'ouvrir des entrepôts sur le continent chinois. Le LME avait par ailleurs ouvert des entrepôts à Hong Kong l'an dernier. Le portefeuille acier du LME, en revanche, sous-performe.
La bourse dispose de sept contrats acier, mais seulement trois ont été négociés cette année, et leurs volumes cumulés ont reculé de 29 % sur un an au cours des neuf premiers mois de 2026. Andy Home suggère que le nouveau contrat HRC pourrait relancer le portefeuille de produits ferreux et, s'il réussit, servir de modèle pour d'autres produits. En matière de tarification, Andy Home indique que Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX), propriétaire du LME, a créé une filiale basée à Dubaï, Commodity Pricing and Analysis Ltd (CPAL), chargée d'agir comme administrateur des prix des primes pour les métaux durables.
Un an plus tard, CPAL publie ses propres évaluations de prix pour les primes de l'aluminium et du cuivre en Europe, sous la marque LME Insight. Les primes métalliques étaient jusqu'alors le domaine réservé d'agences de cotation telles que Fastmarkets et S&P Global Platts. Andy Home note qu'une prime « verte » pour les marques de métaux durables reste insaisissable.
Sur le marché de l'alumine, Andy Home rappelle que celle-ci était cotée en pourcentage du prix du métal jusqu'il y a environ 15 ans, date à laquelle Alcoa a mené un mouvement vers une tarification au comptant, dans l'espoir que les indices qui en découleraient servent de support aux contrats à terme. Cela ne s'est pas produit : le contrat alumine du LME ne se négocie pas, et le contrat du CME n'a connu qu'une activité sporadique. Hindalco, groupe indien, dirige désormais une nouvelle initiative de tarification de l'alumine, avec l'engagement de faire passer ses ventes au comptant par Metalshub, une plateforme numérique de négoce et de tarification des matières premières.
Metalshub travaille avec le LME sur la découverte des prix des primes durables et collabore également avec CPAL. L'opinion d'Andy Home, qui relève de l'avis et non d'un fait rapporté, est qu'un nouvel indice de prix de l'alumine pourrait voir le jour plus vite qu'une prime verte fondée sur les transactions, et que le LME serait alors bien placé pour lancer des contrats à terme sur cette base. Aucun indice de l'alumine n'a encore été lancé ; il ne s'agit pour l'heure que d'une hypothèse.
Andy Home soutient que le LME défriche un terrain nouveau, car aucune autre bourse n'a construit son propre pont entre la tarification physique et celle des contrats à terme sur les métaux. Source : Andy Home, « Rejuvenated London Metal Exchange looks to new horizons », ROI: Reuters Open Interest, Reuters, 16 octobre 2026. Les opinions exprimées sont celles du chroniqueur.
Source: reuters.com