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Les craintes de pénurie de cuivre ravivent les mines à l'arrêt, de la Tasmanie à la Zambie

Des cours du cuivre record et les anticipations d'un déficit structurel de l'offre remettent en service des mines longtemps dormantes. Selon un reportage de Reuters signé Solomon Cefai, daté de Singapour et publié le 15 octobre 2026 via money.usnews.com, un nombre croissant de sites cuprifères à l'arrêt dans le monde sont en cours de relance. Le contrat de référence du London Metal Exchange (LME) a atteint 14 875 dollars la tonne le 10 septembre, un niveau qui rend à nouveau économiquement viables certains projets auparavant mis en sommeil.

Les exploitants affirment toutefois que le principal moteur est la perspective de pénuries à moyen et long terme, plutôt que les seuls cours actuels. La mine Mt Lyell, en Tasmanie, en offre un exemple clair. En 1899, elle produisait environ 9 500 tonnes métriques de cuivre, ce qui en faisait alors la plus grande mine de cuivre de l'Empire britannique, même si ce chiffre paraît modeste au regard des normes actuelles.

Après 12 ans d'inactivité, le propriétaire Sibanye-Stillwater a approuvé une reprise en septembre 2026. La société a acquis le site en 2023 pour 10 millions de dollars et prévoit de dépenser environ 340 millions de dollars pour la remise en service, avec pour objectif de monter en production jusqu'à 26 000 tonnes par an une fois la mine revenue en exploitation en 2029. Sibanye estime également que le coût de fonctionnement de la mine s'élèvera à environ 5 644 dollars la tonne et prévoit d'employer environ 300 personnes.

Barry Harris, vice-président exécutif de Sibanye-Stillwater, a déclaré à Reuters que la société avait numérisé plus d'un siècle de plans géologiques et miniers dessinés à la main, qualifiant cette documentation de « d'une précision au millimètre près, mais dessinée à la main ». À plus grande échelle, le cabinet de conseil Benchmark Mineral Intelligence recense près d'un million de tonnes de production annuelle potentielle de cuivre issue de la relance de mines d'ici 2030, soit plus de 4 % de la production actuelle. Environ la moitié de ce potentiel provient de deux projets : le vaste projet Cobre Panama et la mine Panguna, fermée depuis longtemps, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Dans les deux cas, la question d'une reprise dépend autant de la politique que des conditions de marché. Les répercussions sur le marché dépendent largement du type de réponse de l'offre. Les relances de mines à l'arrêt sont généralement de petite taille, mais elles bénéficient d'infrastructures existantes, de gisements connus et d'historiques de permis, ce qui leur permet d'atteindre la production bien plus rapidement que les nouvelles découvertes.

S&P Global Energy estime qu'une nouvelle découverte met en moyenne 17 ans pour entrer en production. Craig Lang, analyste principal chez CRU, a déclaré que « beaucoup de ces installations sont relativement petites, mais collectivement elles peuvent contribuer de manière importante à combler le déficit de production de cuivre à moyen terme ». Selon l'analyse historique de Wood Mackenzie, toutefois, le vivier de candidats viables à la relance est « relativement restreint », les mines relancées produisant en moyenne environ 33 000 tonnes par an.

En comparaison, de nombreuses extensions de mines existantes produisent plus de 100 000 tonnes, ce qui les rend plus déterminantes pour accroître l'offre globale. La croissance de la demande constitue l'autre volet de l'équation. S&P Global Energy prévoit une hausse de 50 % de la demande mondiale de cuivre, qui atteindrait 42 millions de tonnes par an d'ici 2040, sous l'effet de la transition énergétique et des centres de données.

Le cabinet estime que près de la moitié de la nouvelle offre minière proviendra de relances et d'extensions de ressources existantes, mais il anticipe néanmoins un déficit structurel possible de 10 millions de tonnes. Eillen Grace Dela Cruz, analyste principal chez S&P Global Energy, a déclaré que « les ajouts issus de projets brownfield peuvent offrir au marché un temps précieux, mais ils ne peuvent pas remplacer le besoin de découvertes entièrement nouvelles, de premier rang mondial, pour satisfaire une demande de cette ampleur ». D'autres projets dans le monde illustrent ce même mélange d'opportunités et de risques.

En Zambie, la production partielle a repris dans la partie supérieure de la mine de Luanshya, à l'arrêt depuis plus de deux décennies, et des infrastructures souterraines sont en cours de construction, selon un porte-parole du ministère zambien des Mines. La mine est majoritairement détenue par China Nonferrous Mining Corp (CNMC) et vise une production annuelle de 100 000 tonnes d'ici 2030. En Argentine, Glencore a indiqué son intention de relancer sa mine Alumbrera, fermée depuis 2018, au second semestre 2027, pour une production totale de 75 000 tonnes de cuivre sur quatre ans.

Cette relance doit soutenir la montée en puissance du gisement non développé d'Agua Rica, situé à proximité, qui pourrait produire plus de 200 000 tonnes de cuivre par an. Reuters relève également plusieurs obstacles. Inondations, installations vétustes, digues de résidus obsolètes, protestations locales et normes environnementales plus strictes pourraient tous retarder ou compromettre les plans de relance.

Charles Cooper, responsable de la recherche sur le cuivre chez Wood Mackenzie, a été catégorique : « Une mine dormante n'attend pas simplement que quelqu'un rétablisse le courant. La question essentielle est de comprendre pourquoi la mine a fermé en premier lieu. » La mine de Panguna, à Bougainville, région autonome de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui aspire à l'indépendance, illustre ce risque. Autrefois parmi les plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert au monde, elle est à l'arrêt depuis 1989, année où une guerre civile a éclaté.

Le gouvernement régional souhaite la rouvrir, mais un camp minier de Panguna a été attaqué en septembre, des membres du personnel ayant été agressés et des équipements détruits. Cooper a ajouté que « les enjeux environnementaux, sociaux et politiques peuvent finalement s'avérer plus difficiles à gérer que l'exploitation minière elle-même ». Le cas de Mt Lyell met aussi en lumière l'histoire humaine et économique qui sous-tend ces fermetures.

La mine a fermé en 2014, après la mort de trois travailleurs dans deux accidents survenus à six semaines d'intervalle, ce qui a entraîné la suppression d'environ 200 emplois à Queenstown, une ville de près de 2 000 habitants. Un projet de reprise prévu en 2015 a été abandonné lorsque les cours du cuivre ont chuté, et les travailleurs ont quitté la région ; le cours du cuivre au LME a clôturé cette année-là à 4 705 dollars la tonne. La nouvelle exploitation doit être fortement automatisée, certains chargeurs étant commandés à distance.

Harris a indiqué que certains anciens salariés ont manifesté leur intérêt pour un retour, ajoutant qu'ils passeront « d'activités très manuelles » à une exploitation « aux normes de l'industrie moderne, avec une numérisation et une automatisation complètes ». Source : Reuters, par Solomon Cefai, publié le 15 octobre 2026 (money.usnews.com). Chiffres cités d'après Benchmark Mineral Intelligence, S&P Global Energy et Wood Mackenzie, tels que rapportés par Reuters.

Source: money.usnews.com

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